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Le bisphénol A, à faibles doses, favorise le stockage des graisses dans le foie


Le bisphénol A
Le bisphénol A (BPA) est un contaminant alimentaire désormais connu. Alors que la capacité du BPA à mimer l’action des hormones sexuelles féminines est décrite depuis plusieurs années, des travaux récents suggèrent que ce perturbateur endocrinien peut également agir sur le métabolisme de base des êtres vivants. Pour la première fois, les chercheurs de l’INRA ont mis en évidence que de faibles doses de bisphénol A favorisent le stockage des graisses dans le foie. Ils ont également montré que le BPA présente un mode d’action rare et contre-intuitif : les effets du contaminant sont plus importants à faibles doses. Cette étude s’inscrit donc dans une lignée de travaux qui incitent à tenir compte davantage des perturbations métaboliques dans l’évaluation du risque associé à l’exposition au bisphénol A.

 

Le bisphénol A est considéré comme un perturbateur du système hormonal, ou perturbateur endocrinien, car il est capable de mimer en partie l’action des œstrogènes, les hormones sexuelles féminines. Des études récentes sur animaux de laboratoire ont également montré qu’il était capable de stimuler la production d’insuline par le pancréas et de favoriser le développement du tissu adipeux, principal lieu de stockage des graisses dans l’organisme. Ces études suggèrent que le bisphénol A est donc non seulement un perturbateur endocrinien mais également un perturbateur du métabolisme énergétique de l’organisme.

Les chercheurs de l’unité de Toxicologie Alimentaire de l’INRA de Toulouse se sont intéressés aux répercussions sur le foie d’une exposition prolongée à de faibles doses de bisphénol A (jusqu’à 10 fois inférieures à la dose journalière admissible). L’équipe a ainsi mis en évidence que les faibles doses avaient un impact plus important que des doses plus fortes sur l’activité d’un ensemble de gènes impliqués dans la fabrication des lipides. Elle a également montré que ces effets, focalisés sur le niveau d’expression des gènes, se traduisaient par une augmentation du stockage de graisses dans le foie de souris exposées à de faibles doses de bisphénol A.

L’accumulation exagérée de graisses dans le foie, ou stéatose, ne revêt pas en soi une gravité majeure,  mais elle présente le risque de favoriser l’émergence d’autres altérations métaboliques et tissulaires conduisant à des pathologies plus graves telles que la stéatohépatite non alcoolique ou le diabète de type 2. Ces travaux établissent que la mesure des effets métaboliques de ces perturbateurs endocriniens, à faible dose, constitue un complément opportun aux procédures d’évaluation et de surveillance de ces produits, pour évaluer plus complètement les risques associés aux expositions de l’Homme et des animaux.

*Ces travaux ont bénéficié des soutiens de l’Agence Nationale de la Recherche - ANR - (Projet PNRA-PlastImpact, Projet CES Perinatox), du programme bilatéral INRA-FORMAS et de la Région Midi-Pyrénées.

 

Le bisphénol A est un contaminant alimentaire. Il est utilisé dans la fabrication industrielle de nombreux produits d’usage courant comme les récipients en plastique de type polycarbonate et les revêtements plastiques de type résine époxy. Le bisphénol A est capable de s’extraire de ces matières plastiques, notamment lorsqu’elles sont chauffées, contaminant ainsi les aliments à leur contact. Plusieurs études ont montré qu’une grande majorité des populations européennes et américaines étaient exposées à de faibles doses de bisphénol A. Les agences d’évaluation du risque sanitaire française (ANSES), européenne (EFSA) et nord-américaine (EPA) ont défini une dose journalière admissible de 0,05 milligramme/kg de poids corporel pour le bisphénol A, principalement sur la base de sa toxicité pour la reproduction et pour le foie observée lors d’étude sur animaux de laboratoire.

Références :
Low doses of bisphenol A induce gene expression related to lipid synthesis and trigger triglyceride accumulation in adult mouse liver. Hepatology.
Alice Marmugi a, b, Simon Ducheix a, b, Frédéric Lasserre a, b, Arnaud Polizzi a, b, Alain Paris c, Nathalie Priymenko a, b, Justine Bertrand-Michel d, Thierry Pineau a, b, Hervé Guillou a, b, Pascal G.P. Martin a, b, Laïla Mselli-Lakhal a, b
a
INRA; TOXALIM (Research Centre in Food Toxicology); 180 chemin de Tournefeuille, F-31027 Toulouse, France.
b Université de Toulouse; INP; UPS; TOXALIM; F-31027 Toulouse, France
c INRA, Métarisk, 16 rue Claude Bernard, 75231 Paris cedex 05, France
d MetaToul, Plateau de lipidomique, INSERM, Toulouse
Communiqué de presse (21 octobre 2011)


Contacts : 

Pascal Martin
Tél. : 05.61.28.55.24 ou Pascal.Martin@toulouse.inra.fr
Laila Lakhal
Tél. : 05.61.28.51.53 ou Laila.Lakhal@toulouse.inra.fr
Unité mixte de recherche « Toxicologie alimentaire »
Départements « Santé animale » & « Alimentation Humaine »
Centre Inra de Toulouse

 

Rédacteur : Equipe Communication
Date de création : 25/10/2011
Date de dernière mise à jour : 09/01/2012

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