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Patrick Vincourt reçoit le prix Pustovoit pour sa carrière au service de la génétique et de la génomique du Tournesol

Patrick Vincourt a été un acteur important de la recherche privée et publique sur le tournesol. Il a anticipé l’évolution des techniques en biologie moléculaire et en génomique qu’il a su mettre au service de la communauté de recherche scientifique française et internationale. C’est à ce titre qu’il a reçu de ses pairs lors de la conférence de l’International Sunflower Association le Pustovoit Award, la plus haute distinction décernée aux personnes ayant contribué aux avancées de la recherche sur le Tournesol.

Patrick Vincourt reçoit le prix Pustovoit pour sa carrière au service de la génétique et de la génomique du Tournesol. © Inra
Mis à jour le 21/06/2016
Publié le 21/06/2016
Mots-clés :

« Le tournesol est une « espèce modèle » au sens de l’amélioration des plantes, de l’agronomie, et des attentes sociétales vis-à-vis de l’agriculture »

Patrick Vincourt a un parcours riche tant dans le domaine privé que public. Ingénieur agronome de formation. Il a exercé différentes responsabilités dans le management de la recherche au sein du groupe EURALIS (1995-2005). De l’Inra de Lusignan à l’Inra de Toulouse, il a dirigé le laboratoire Tournesol à Montpellier avant d’arriver à la direction de l’équipe Génétique et Génomique du Tournesol au Laboratoire Interactions Plantes-Microorganismes de Toulouse.

Comment a évolué la sélection du tournesol depuis le début de votre carrière ?

Les objectifs de sélection ont globalement peu changé : il reste important de conserver au tournesol son statut de plante peu consommatrice d’intrants phytosanitaires, et la résistance aux différentes maladies demeure un axe majeur. Grâce aux interactions avec les agronomes, il devient envisageable de prendre en compte la réponse génétique au milieu physique avec des outils plus pertinents. Les progrès accomplis au début du vingtième siècle en matière de teneur en huile de la graine  ont été tels que les objectifs de sélection pour la qualité des produits de la récolte sont considérés comme moins prioritaires.

L’évolution des méthodes de sélection a suivi le même parcours que pour les espèces majeures, avec toutefois un délai dans l’acquisition des outils : marqueurs génétiques, cartographies de QTL, séquençage du génome. Le « gap » est toutefois en train de se combler, par exemple avec la publication prochaine du génome du tournesol, résultat auquel l’Inra aura apporté une contribution significative.

Selon vous, que peuvent apporter les nouvelles méthodes en génétique et en génomique à l’amélioration du tournesol ?

Il me semble raisonnable d’attendre des nouvelles technologies et méthodes qu’elles apportent, pour l’amélioration génétique du tournesol, les mêmes progrès, mais aussi fassent émerger les mêmes écueils, que pour toutes les espèces d’intérêt agronomique. Les nouveaux outils permettent de construire une base plus solide pour construire une stratégie d’amélioration : dessiner une carte, même imparfaite, cela aide toujours à trouver son chemin. Mais elles engendreront aussi de nouvelles questions, tant les mécanismes de réponse d’une plante à son environnement biotique et abiotique peuvent être complexes et variables. Ce qui intéresse avant tout le sélectionneur, c’est cette variabilité, qui peut s’appuyer sur différents parcours de réponse élaborés par la sélection naturelle. D’où l’intérêt que les sélectionneurs de tournesol ont toujours accordé à la préservation et à l’utilisation en sélection des ressources génétiques.    

Comment voyez-vous le futur de la recherche sur le tournesol ?

A l’heure des préoccupations légitimes sur la soutenabilité environnementale des productions agricoles, le tournesol offre aujourd’hui un profil exemplaire, en particulier parce que nos prédécesseurs clairvoyants ont identifié des objectifs de sélection pertinents. On constate cependant que pour différentes raisons, le développement de cette culture, très significatif toutefois au cours des dernières décennies, se heurte à différentes difficultés qui se traduisent in fine par une attractivité au mieux modérée pour l’ensemble de la filière, des agriculteurs à l’industrie d’aval. Dans ce contexte, ce qui me semble primordial, c’est la persistance de l’effort de recherche, avec bien sûr des moyens en adéquation avec le niveau de compétition international. Le tournesol n’est pas une « espèce modèle » au sens académique. Il en est une au sens de l’amélioration des plantes, de l’agronomie, et des attentes sociétales vis-à-vis de l’agriculture. Il faut en tirer les conséquences.

Mini CV

  • Né le 28 janvier 1952 à Douai (59)
  • Ingénieur agronome, Institut national agronomique Paris-Grignon (1974)
  • Diplôme d’Agronomie Approfondie (Informatique et statistiques en Biologie) (1974)
  • Diplôme d’Etudes Approfondies (Génétique quantitative et des populations), Université Pierre et Marie CURIE (1974)
  • Chercheur INRA au sein de la station de Lusignan (1976-1983)
  • Responsable du laboratoire Tournesol de l’INRA de Montpellier (1983-1988)
  • Directeur adjoint de la  recherche de la société RUSTICA Semences (1988-1993).
  • Directeur de recherche des sociétés RUSTICA Semences puis RUSTICA PROGRAIN Génétique (1993-1995)
  • Différentes responsabilités dans le management de la recherche au sein du groupe EURALIS et notamment Président de SOLTIS, filiale de recherche commune des groupes EURALIS et LIMAGRAIN pour le tournesol (1998-2005)
  • Directeur de Recherche INRA en charge de l'équipe Génétique et Génomique du tournesol de l’unité LIPM de l’INRA de Toulouse (2006-2014).
  • Membre de l’International Sunflower Association
  • Coordinateur du projet SUNRISE, projet Investissement d’Avenir ANR-11-BTBR-0005 (2012-2014)

Liste des publications

Pustovoit Award de l’International Sunflower Association (ISA)

Le prix PUSTOVOIT, du nom d’un chercheur soviétique qui a joué un rôle éminent dans l’amélioration du tournesol pour sa teneur en huile au cours de la première moitié du 20ième siècle, a été créé en 1979 par l’ISA, notamment avec la contribution d’André Cauderon (INRA). Il distingue les chercheurs des secteurs public ou privé ayant apporté une contribution significative aux progrès de la culture du tournesol dans toutes les disciplines scientifiques. P. Leclercq en 1980, G. Piquemal en 1992, et F. Vear en 2004, ont été les précédents lauréats INRA de cette distinction.