• Réduire le texte
  • Rétablir taille du texte
  • Augmenter le texte
  • Imprimer

Les Cultures Intermédiaires Multi-Services au cœur de la transition agroécologique

L’un des axes d’amélioration des performances économiques et environnementales de l’agriculture française repose sur la mobilisation de nouvelles méthodes et techniques permettant de réduire l’usage des intrants de synthèse (pesticides et engrais) et de produire des services dits « écosystémiques » susceptibles de procurer des avantages aussi bien aux agriculteurs qu’aux citoyens. A l’occasion du carrefour de l’innovation agronomique (CIAg) organisé les 4 et 5 octobre 2017 à Toulouse, l’Inra, présente un des piliers de la transition agroécologique qui peut être mis en œuvre par les agriculteurs : les cultures intermédiaires multi-services.

Domaine Grandes Cultures Inra Toulouse ©Inra. © Inra
Mis à jour le 12/10/2017
Publié le 05/10/2017
Mots-clés :

Communiqué de presse régional : Toulouse, le 05 octobre 2017

Les Cultures Intermédiaires Multi-Services pour une production agroécologique performante

L’interculture est la période, dans la rotation culturale, comprise entre la récolte d’une culture principale et le semis de la suivante ; elle peut durer de quelques jours à plusieurs mois. Cette période peut être valorisée pour favoriser la biodiversité végétale et des organismes du sol et produire des services écosystémiques en lien avec la fertilité des sols, le cycle du carbone, la qualité de l’eau, la régulation des bioagresseurs. Les Cultures Intermédiaires Multi-Services (CIMS) sont des cultures semées en interculture pour produire des services écosystémiques autre que la production de fourrage ou de graines.

De nombreuses espèces peuvent être utilisées (avoine rude, moutarde, radis, phacélie…), seules ou en mélange notamment avec des légumineuses (trèfle, vesce, féverole, pois, ...). Le choix est à réaliser en fonction de la succession de cultures, du matériel disponible pour le semis, des objectifs et contraintes pendant la période d’interculture, des périodes de semis, du type de sol et du mode de destruction (gel, outil mécanique, et si possible sans herbicide).

Les fonctions recherchées par les agriculteurs sont principalement : 1) le recyclage des éléments minéraux (nitrate, phosphore, potassium, soufre...), 2) la couverture des sols (anti-érosion), 3) la structuration du sol, 4) la gestion des adventices et des ravageurs, 5) le stockage de matière organique et de carbone dans les sols.

L’intérêt d’une CIMS concerne également la biodiversité. Par exemple, la mise en place d’un couvert sert de refuge à la petite faune de plaine (perdrix, faisan, lièvre...) tout en lui apportant de la nourriture. Un couvert fleuri ou composé avec des espèces mellifères permettra le nourrissage des insectes pollinisateurs.

Les CIMS ont un fort potentiel de développement en France de plusieurs millions d’hectares chaque année ; elles pourraient constituer un des piliers de l’agroécologie, en complément de la diversification des cultures de vente et de l’allongement des rotations. Elles sont déjà fortement mobilisées en agriculture de conservation. Elles représentent une évolution des systèmes de culture sans changer en profondeur les systèmes de production, ce qui peut faciliter leur adoption par les agriculteurs. L’élaboration de nouveaux systèmes de production agricole multi-performants, conciliant les dimensions productives, économiques, sociales et environnementales, est au cœur de la transition agroécologique.

Un carrefour pour présenter les intérêts des CIMS pour l’agriculture agroécologique d’aujourd’hui et de demain

Les carrefours de l’innovation agronomique de l’Inra sont des rencontres nationales organisées pour faire connaître les travaux de recherche et échanger autour des avancées scientifiques avec les agriculteurs, les acteurs du développement agricole, les entreprises, les étudiants, les pouvoirs publics…

L’objectif de ce CIAg dédié aux CIMS, est de faire le point, d’une part, sur les processus écologiques sous-jacents à la production des services écosystémiques de ces couverts, d’autre part, de présenter les façons de les conduire pour proposer des solutions adaptées aux objectifs de durabilité des exploitations agricoles.

Pour cela, des exemples concrets (effets sur les sols, le changement climatique, les adventices, etc.) couvrant différentes situations agronomiques et des démonstrations « au champ » (espèces/variétés, capteurs/outils de phénotypage des variétés, machinisme, insertion dans la rotation) seront présentés à un public soucieux de comprendre le fonctionnement des CIMS, la nature de leurs effets, leur niveau d’expression et de performance en fonction de leur gestion, et aussi identifier les travaux de recherche qui restent à mener.

Des dispositifs innovants au service de l'agroécologie à l’Inra Occitanie-Toulouse

Les recherches en agroécologie visent à concilier une agriculture performante et le respect de l’environnement en mobilisant les processus écologiques et notamment la diversité végétale. Il s’agit de concevoir des systèmes de culture adaptés à un contexte changeant, caractérisé par la montée des aléas physiques (changement climatique), biologiques (émergences de bioagresseurs) et économiques (volatilité des prix de l’énergie, des intrants et des produits agricoles).
C’est dans ce cadre, que des recherches basées sur des expérimentations de caractérisation des variétés (phénotypage variétal) et de systèmes de culture innovants sont réalisées au champ sur le domaine expérimental Inra d’Auzeville depuis plusieurs années. L’objectif pour les équipes de recherches de l’unité de recherche AGIR (Agroécologie, Innovation & territoires, (Inra-INP-ENSAT-INP-Purpan) et du domaine expérimental Grandes Cultures est de concevoir des prototypes et d’évaluer les performances de systèmes de culture à bas niveaux d’intrants de synthèse (engrais et pesticides) et agroécologiques. Une des originalités réside dans la mobilisation d’une large diversité de variétés, d’espèces (tournesol, blé dur, blé tendre, pois, fèverole, soja, lentille, sorgho, …) et de mélanges d’espèces (culture associée blé-pois et soja-tournesol par exemple) et de CIMS implantées en interculture.

>>> Télécharger le communiqué de presse

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Contact(s) presse :
Sandra Fuentes (06.16.11.34.86)