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Diversifier les cultures et les variétés en associant  les nouvelles technologies : un dispositif original à l’INRA de Toulouse Midi-Pyrénées

Dossier de presse - Mercredi 17 juin 2015
l’UMR AGIR  et l’Unité Expérimentale du Centre Inra de Toulouse Midi-Pyrénées et le département scientifique Inra « Environnement et Agronomie » ont présenté aux acteurs, scientifiques, professionnels et collectivités locales de la région, le dispositif expérimental novateur dédié à l’utilisation de la diversité végétale en grande culture et de nouvelles technologies au service de l’agroécologie.

drone. © Inra
Mis à jour le 17/03/2017
Publié le 17/06/2015
Mots-clés :

Toulouse, le 17 juin 2015

Bon nombre des recherches menées à l’Institut National de Recherche Agronomique nécessitent des installations techniques ou expérimentales sur des cultures d’intérêt agricole. L’Inra dispose de près d’une centaine d’Unités et Installations Expérimentales. Ces dispositifs sont au cœur des projets de recherche qui sont réalisés en étroite collaboration avec les unités de recherche et sont porteuses d’innovation. Ces unités font partie de réseaux régionaux, nationaux et parfois européens.
 
Des dispositifs innovants au service de l'agroécologie

Les recherches en agroécologie visent à concilier une agriculture performante et le respect de l’environnement en mobilisant les processus écologiques et notamment la diversité végétale. Il s’agit de concevoir des systèmes de culture adaptés à un contexte changeant, caractérisé par la montée des aléas physiques (changement climatique), biologiques (émergences de bioagresseurs) et économiques (volatilité des prix de l’énergie, des intrants et des produits agricoles).
C’est dans ce cadre, que des recherches basées sur des expérimentations de caractérisation des variétés (phénotypage variétal) et de systèmes de culture innovants sont réalisées au champ sur le domaine expérimental Inra d’Auzeville depuis plusieurs années. L’objectif pour les équipes de recherches de l’Unité Mixte de Recherche AGIR et l’Unité Expérimentale Grandes Cultures est de concevoir des prototypes et d’évaluer les performances de systèmes de culture à bas niveaux d’intrants de synthèse (engrais et pesticides) et agroécologiques. Une des originalités réside dans la mobilisation d’une large diversité de variétés, d’espèces (tournesol, blé dur, blé tendre, pois, fèverole, soja, lentille, sorgho, …) et de mélanges d’espèces (culture associée blé-pois et soja-tournesol par exemple).
 
Les drones : un outil prometteur pour aider à l’évaluation variétale au champ à haut débit

Les drones, équipés de caméra multispectrale, permettent de recueillir des informations clés sur le fonctionnement des plantes en parcelles  agricoles et micro-parcelles d’essai tout au long du cycle de culture. Les mesures sont non destructives et donnent accès à une grande diversité d’indicateurs du fonctionnement physiologique des plantes, comme la production de surface foliaire,  leur teneur en chlorophylle, en azote et eau, ou encore leur température des feuilles. Ces capteurs dit de proxi-télédétection et l’usage du drone pour les « transporter » constitue une innovation importante car ils permettent de réaliser du phénotypage au champ à haut débit sur un grand nombre de micro-parcelles de différentes espèces.
Ces outils sont aussi potentiellement intéressants pour l’agriculteur soucieux d’optimiser l’usage des intrants azotés par exemple (agriculture de précision). Le domaine Expérimental d’Auzeville est le premier site Inra en France à utiliser des drones équipés de capteurs pour réaliser une évaluation variétale. Cet équipement a été mis au point en collaboration entre l’UMR EMMAH (Inra Avignon) et l’UMR AGIR (Inra Toulouse) dans le cadre du projet PHENOME (projet « investissement d’avenir » piloté pat l’Inra).

Découvrez la vidéo "Les drones au service du phénotypage" d'Arvalis
 
Des résultats encourageants sur la conception de prototypes de systèmes de culture agroécologiques

Des prototypes de système de culture ont été conçus pour réduire fortement l’usage des pesticides (plan Ecophyto) et sont testés depuis 2010 à l’Inra de Toulouse. Les résultats indiquent qu’il est possible de réduire fortement l’usage des pesticides (ITF réduits de 50% et plus) en maintenant la marge nette à l’échelle de la rotation et en moyenne pluriannuelle. Ces systèmes de culture sont basés sur un allongement de la rotation, une diversification des espèces cultivées, l’utilisation de couverts intermédiaire, le choix de variétés adaptées, le mélange de variétés ou encore le mélange d’espèces (cultures associées). Les cultures associées sont utilisées depuis l’aube de l’agriculture mais elles ont disparu au profit de systèmes fondés sur des peuplements cultivés monospécifiques et monovariétaux.
Depuis 2005, des essais de cultures associant blé dur et pois ou fèverole ou blé de printemps et lentille (depuis cette année) sont conduits à l’Inra de Toulouse. Les chercheurs ont montré que les différentes associations testées permettent d’améliorer la teneur en protéines de la céréale comparativement aux cultures «monospécifiques classiques» de blé dur, notamment en situation de bas niveau de fertilisation azotée. Elles permettent également une forte augmentation du rendement en agriculture biologique (en moyenne de 27%). Les cultures associées peuvent aussi présenter un intérêt pour lutter contre certains ravageurs, comme les pucerons verts, et réduire les populations d’adventices par rapport aux cultures de légumineuses monospécifiques. Le développement des cultures associées nécessite des adaptations aussi bien pour les agriculteurs que pour les autres acteurs de la filière. Ainsi, des travaux avec les économistes de l’UMR AGIR traitent de cette question cruciale pour l’adoption de ces cultures associées dans les circuits habituels.
 
 
Concevoir des systèmes de cultures innovants à partir dans une démarche agroécologique en mobilisant une diversité d’espèces et de variétés  et de nouvelles technologies nécessitera plus que jamais de s’adapter aux conditions locales en favorisant les interactions entre tous les acteurs, agriculteurs, scientifiques, professionnels et collectivités locales. Le défi pour l’Inra et ses partenaires est de concilier agronomie, génétique, écologie et technologie pour une agriculture performante sur les plans économiques et environnementaux, à la fois à l’échelle de la parcelle et à l’échelle régionale.

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Contact scientifique
 UMR AGIR                   
 JUSTES Eric 05 61 28 52 50
 DEBAEKE Philippe 05 61 28 50 16    
 UNITÉ EXPÉRIMENTALE
 GAVALAND André  05 61 28 54 19
Contact presse
 FUENTES Sandra   
 Responsable de communication - 06 16 11 34 86 

Département associé : Environnement et Agronomie