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ARDI, un projet pour préserver les brebis autochtones des Pyrénées

En améliorant la compétitivité et la durabilité des races ovines laitières locales en coopération avec l’Espagne, l’Inra assure leur maintien dans l’espace Pyrénéen.

ARDI brebis. © Inra
Mis à jour le 22/01/2019
Publié le 21/01/2019
Mots-clés : ESPAGNE - ovin - lait

La survie des races ovines autochtones des Pyrénées ainsi que leurs valeurs patrimoniales et écologiques sont menacées. L’industrialisation de l’élevage privilégie des races plus productives, quitte à sortir de l’AOC en France, ou des systèmes de production hors-sol avec la race Assaf en Espagne. A cela s’ajoute l’abandon croissant des activités d’élevage ovin lait et leur substitution par d'autres activités (cultures, bovin allaitant...).

Or ces races d’ovins laitiers ont une grande valeur économique et sociale. En France, la production du lait de brebis se base sur des systèmes locaux qui promeuvent l’utilisation de races locales telles que la Lacaune en Aveyron, la Corse dans l’ile de Beauté ou les races Manech, Basco-béarnaise dans les Pyrénées Occidentales. Cela passe par exemple, par les AOC qui mettent en valeur la production de fromages de qualité issus des races locales comme l'Ossau-Iraty. Des systèmes similaires existent en Espagne, avec par exemple la race Latxa et l'Idiazabal.

Pour consolider leur assise et leur exploitation, GenPhySE et AGIR participent à ARDI (qui signifie « Research, Development, Innovation » et brebis en langue Basque).

Il s'agit d’explorer les possibilités de futures coopérations dans les schémas de sélection des races locales Manech (Tête rousse, Tête noire, également appelées Latxa en Espagne) et Basco-béarnaise. Car, la brebis Latxa, présente en Navarre et Euskadi, appartient à la même race que les françaises. Les lignées ont simplement suivi des schémas de sélection séparés depuis 40 ans.

Ce projet a été rendu possible par le nouveau Règlement Zootechnique Européen qui facilite la mise en place de schémas de sélection collectifs transfrontaliers. L’Inra va donc créer et partager des expériences techniques et scientifiques sur les deux versants des Pyrénées. Le but : assurer la gestion et l’amélioration génétique des populations grâce au développement de méthodologies d’évaluation et de prévisions génétique et génomique.

En France, des schémas de sélection coopératifs existent déjà depuis 40 ans avec des excellents résultats techniques et sociaux (amélioration du revenu des éleveurs, maintien des races et des systèmes de production pastoraux).

Grace à ARDI, la sélection génomique déjà effective en France pourra être étendue aux races locales du Pays Basque Sud et enrichir les races françaises. Un groupement européen de coopération transfrontalière (GECT), faisant office d’agence de gestion commune des races ovines laitières des Pyrénées et permettant de garder les spécificités propres à chaque race, sera exploré. Il intégrera un volet sur les possibilités d’une sélection participative pour des objectifs de sélection communs.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

En chiffres

Le projet de coopération (2017-2020) s’étend sur plusieurs départements et régions (Haute Garonne, Pyrénées Atlantiques, Navarra et Euskadi). Il est dirigé par NEIKER-Tecnalia et rassemble des structures de recherche et développement : INRA et IDELE (Institut de l’Élevage), mais aussi les coopératives et associations d’éleveurs : CDEO (Centre Départemental de l’Élevage Ovin) , ASLANA (Association des Éleveurs d’ovin de Race Latxa de Navarre), et ARDIEKIN (Centre de Sélection et d’Insémination Artificielle d’ovin de race Latxa et Carranzana).

Le projet a un budget de 1.155.072 € dont 65% est financé par des fonds FEDER dans le cadre du programme POCTEFA de coopération transfrontalière France-Espagne.